LA BATAILLE DE JEBSHEIM

 

Les 28 et 29 janvier 1945, la bataille de JEBSHEIM va atteindre son point culminant. Le combat livré dans le village même, avec des troupes constamment renforcées de part et d’autre, va prendre peu à peu des proportions, qui, au début, étaient imprévues et devenir ainsi l’un des épisodes les plus sanglants et les plus glorieux de la guerre.

Jamais combat de rues ne fut plus acharné, plus long, plus meurtrier. JEBSHEIM est un charnier.

On marche sur les corps. Il y en a partout, dans les escaliers, sur les toits, dans les vergers. Il y en a sous les décombres des maisons écroulées.

Toutes les maisons sont éventrées, des carcasses calcinées de véhicules traînent ça et là et les cadavres, dont certains ont en plus été écrasés par les chars, encombrent les rues et les jardins.

Les half-tracks de la Batterie « C » étaient présents à JEBSHEIM du début à la fin des combats, soit du 27 janvier 1945 au 3 février 1945.

Voici un extrait du journal de marche des half-tracks de la Batterie C du 31ème G.A.F.T.A affecté au C.C.6 de la 5ème D.B.

Le 28 janvier 1945, vers 20 heures, le half-track de THURIOT est mis hors d’usage par un « 88 ». THURIOT est commotionné mais pas évacué. OLIVARES, blessé à la cuisse gauche, décèdera des suites de ses blessures. HENRY est blessé aux jambes. Ils sont évacués. Les mitrailleuses de GUERIOT restent muettes, il rentre au cantonnement. Il reste pour la défense PAOLLILO, NOEL, SABATHE, ZWILLER évacué pour pieds gelés. Tous tirent dans la nuit. SABATHE fait deux prisonniers.

Le 29 janvier 1945, le half-track de CUNY, resté au cantonnement, a le radiateur perforé, il est dirigé vers MUTZIG. Nous tirons beaucoup dans la journée, en particulier le half-track de SABATHE et nous faisons 39 prisonniers, vers 16 heures, bien d’autres se rendent aux compagnies parachutistes plus à l’ouest.

D’après les patrouilles, il y aurait près de 300 morts dans les vergers, où nous avons tiré. BOEM est touché par une balle au genou, mais pas évacué. »  


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