Création de la 5ème Division Blindée

La cinquième Division Blindée commandée par le Général de Vernejoul est moins connue et surtout moins "médiatisée" que la 2ème D.B ou la 1ère D.B ! Elle fait pourtant partie des trois divisions crées en Afrique du Nord en Avril 1943. Elle a d’ailleurs porté le titre de 2ème D.B avant son illustre devancière... Elle a dû abandonner cette appellation en Juillet 43 dans le cadre de la réorganisation de l’Armée d'Afrique lorsque la 2ème Division Française Libre stationnée à Sabratha en Tripolitaine (elle-même formée par les F.F.L. venues du Tchad) s'est transformée en 2ème D.B aux ordres du Général Leclerc.

Les éléments constitutifs de la 5ème D.B sont rassemblés dès le mois de Juillet 43 au Maroc. La Division est alors rattachée au commandement supérieur des troupes du Maroc. Les unités sont complétées par des unités de l'armée d'Afrique, des appelés d'Afrique du Nord et des évadés de France venus d'Espagne à l'imitation de ce qui se fait dans les 1ère et 2ème D.B.
Fin novembre 1943 c'est le départ vers l’Oranie en vue du stage I.T.C. (Invasion Training Center).

A sa création, la 5ème D.B. compte en gros 550 officiers et 15.000 hommes, 3.600 véhicules divers dont près d'un millier de véhicules de combat de différentes catégories.

Elle comprend, comme toutes les unités équipées à l'américaine :

  • Un Quartier Général, subdivisé en deux éléments : l'échelon avant ou PC Divisionnaire avec ses 3 Bureaux, les organes de commandement de certaines armes avec le personnel et le matériel nécessaire à leurs déplacements, leurs installations sur le terrain, leurs transmissions et leurs protections. La base qui regroupe tous les services et qui a son Etat-major particulier, les directions des différents services et leurs moyens de commandement. L'ensemble de ce Q.G est réuni autour du Général de Vernejoul assisté par le Chef d'Etat-Major de la division, le Colonel Olié.

  • Trois Régiments de chars (1er Cuir, 1er R.C.A et 6ème R.C.A). Ces Régiments comprennent essentiellement trois escadrons de chars moyens Médiums (Shermans) et un escadron de chars légers, tous de trois pelotons de 5 chars. Compte tenu des chars de commandement et de volant, la D.B possède ainsi 160 chars moyens. C'est l'élement de choc, instrument principal de la division, autour duquel gravitent les autres unités.

  • Un Régiment de Reconnaissance (1er R.E.C), comprenant un escadron de chars légers et quatres escadrons d'automitrailleuses, trois pelotons de combat. Chacun de ces pelotons est composé de quatre automitrailleuses M8, voitures légèrement blindées à six roues motrices, très rapides, armées d'un canon de 37 sous tourelle ; d'un canon d'assaut de 75 court monté sur châssis de char léger ; de jeeps, dont une transportant un mortier de 60, et une autre tractant un canon anti-chars. Ces 12 pelotons d'automitrailleuses M8constituent les antennes que la D.B lance en avant-gardes.

  • Un Régiment de chasseurs de chars (11ème R.C.A), comprenant trois escadrons de "Tank-Destroyers" (T.D) et un escadron de reconnaissance. Ces escadrons sont utilisés en protection des chars moyens et en contre-attaque des blindés adverses. Ils peuvent également renforcer l'artillerie grâce à la grande portée de leurs canons et à leur précision (12.500m).

  • Un Régiment d'Infanterie porté à trois Bataillons. C'est le fameux R.M.L.E, le Régiment de Marche de la Légion Etrangère. Chaque Bataillon est formé de trois compagnies et d'une compagnie d'appui. Les trois premièers sont dotés de mitrailleuses, pistolets-mitrailleurs, grenades, rocket-guns, mortiers de 60 et canons de 57 anti-chars. La compagnie d'appui comporte des mitrailleuses lourdes de 12,7, des mortiers de 81 et des canons d'assaut de 75. Toutes les unités sont transportées sur Half-Tracks et mettent pied à terre au moment du combat.

  • Un Régiment d’Artillerie (62ème R.A.A), à trois groupes d'Artillerie, comprenant chacun trois batteries de six canons de 105 court montés sur châssis de Sherman et d'une portée de 10.500m. Les echelons de munition des batteries, ainsi que la colonne de ravitaillement du groupe, sont sur Half-Tracks.

  • Un Groupe de F.T.A (31ème GAFTA), constitué de 4 batteries de 8 pièces de 40 Bofors et d'affûts quadruples de mitrailleuses de 12,7.

  • Un Bataillon du Génie (96ème B.G), avec trois compagnies de sapeurs-mineurs et une compagnie d'équipage de ponts. Le Génie a pour mission principale de rétablir les communications 'déminage, enlèvement d'abattis, comblement de fossés anti-chars, lancement de ponts) ou d'opérer des destructions pour retarder l'ennemi. La compagnie de pontonniers peut lancer 330m de pont Bailey de 30 tonnes, à raison de 60m à l'heure, ou des Treadways sur canots pneumatiques.

  • Une compagnie ce Transmission (96/84 C.M.T), assurant les liaisons radio-téléphone de l'Etat- Major et des organes de commandement subordonnés. Elle dispose de postes "399" portant à plusieurs centaines de km eb phonie, tant en marche qu'en station, et de postes "193" de puissance moyenne. En dehors de cette compagnie, toutes les unités de la division sont équipées de postes radio émetteurs récepteurs, y compris les chars.

  • Un groupe de réparation (12ème G.E.R.D.B), à trois escadrons de réparation et un escadron hors rang, renforcé d'une compagnie de réparation de chars (663/2ème C.R.E.B) et d'une compagnie de récupération avec porte-chars (673/2ème C.R.E.B).

  • Un Bataillon médical de trois compagnies (14ème B.M), comportant des éléments de ramassage (ambulances), de triage et de premiers secours.

  • Un groupe d'exploitation du service d'Intendance (5ème G.E) chargé du ravitaillement en vivres.

  • Deux compagnies de transport du Train (106ème et 296ème C.T.) chargés du transport du ravitaillement.

  • Deux pelotons de régulation routière.

  • Des formations "hors rang", chargées du ravitaillement en pièces de rechange et carburant dépendant de la Base divisionnaire, exécutant les ordres du 4ème bureau.

En fait la 5ème Division Blindée, pendant toute la campagne de France, sera peu utilisée comme une Division Blindée.

Articulée en trois groupements tactiques, ses « Combat Command » ou C.C, constitués autour d'un Régiment de chars, d'un Bataillon de Légion, d'un groupe d'artillerie, d'un escadron de T.D, d'une compagnie du Génie, parfois, d'une batterie de F.T.A, d'un escadron de reconnaissance, d'un escadron de réparation et de dépannage et d'une compagnie médicale travaillent en appui des Divisions d'Infanterie des deux corps d'armée (le 1er C.A du Général Bethouart et le 2ème C.A du Général de Monsabert).

Chaque « Combat Command » de la Division (C.C.4, C.C.5 et C.C.6) articulé en sous-groupements autonomes composés d'un escadron de chars, d'une compagnie de légion, d'une bat­terie d'artillerie et de sections ou pelotons du Génie ou de "Tank-Destroyers", travaille souvent en isolé (Vosges par exemple) au milieu des unités qu'il soutient.


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